Astrat (work in progress)
ASTRAT
“abstrait” en piémontais
Un espace blanc, vide. Une personne habillée en blanc arrive avec des objets géométriques, eux aussi blancs. Lancés et relancés, ils flottent doucement dans l’espace. C’est surprenant, drôle parfois, hypnotique, peut-être même “poétique”. Des sons électroniques résonnent. Peu à peu, la lumière transforme cet univers monochrome : le blanc se colore, les ombres se mélangent, les objets changent d’apparence. Le jongleur parle un instant, raconte quelque chose sur le jonglage, tente une blague. Personne ne rit. On continue.
Vous venez de traverser une séquence de ASTRAT.
ASTRAT est un spectacle qui pense le jonglage comme un art abstrait, au sens des arts visuels : une composition sensible de formes, couleurs, sons, rythmes et mouvements. Ici, le récit et la figure du circassien laissent leur place aux objets et aux phénomènes physiques. La technique devient le résultat d’une exploration des relations entre le corps, la matière, la gravité, la lumière ou la géométrie.
Les objets, construits spécialement pour le spectacle, possèdent des qualités singulières : transparents, iridescents, lumineux, flottants, ou simplement “plutôt marrants quand même”. Différents tableaux cinétiques et jonglés se succèdent, poussant progressivement le jonglage vers le plus haut degré d’abstraction connu en 2026 (wow).
Mais alors, de quoi parle le spectacle ? Pas vraiment “de quelque chose”. Même si le jongleur prend parfois la parole, ce n’est jamais le centre. Comme dans une galerie où quelques indications accompagnent les œuvres, le spectacle ménage des moments d’échange simples et légers avec le public : des pauses pour partager certaines réflexions, ouvrir des pistes ou laisser surgir des questions.
ASTRAT ne cherche pas à transmettre un message clair. Il propose avant tout une expérience à regarder, ressentir et traverser. L’ambiguïté est au cœur du projet : laisser de la place au doute, à la curiosité et à la beauté.